Un loyer mensuel n’est pas un coût de possession. Entre les deux, il y a sept postes, et l’un d’eux ne figure sur aucun devis : ce qui n’est pas robotisé reste à faire.
Un loyer répond à une autre question que « combien ça coûte »
Un loyer répond à « quelle mensualité ». C’est une question de trésorerie, et elle est légitime. Le coût de possession répond à une autre : ce que la machine consomme, par mois, tant qu’elle travaille chez vous. Les deux se confondent facilement, parce que le premier est écrit partout et le second nulle part.
Cette page ne donne aucun montant. Elle donne la liste des postes, ce qui les fait varier, et ceux que nous ne savons pas encore chiffrer honnêtement. Les prix, eux, figurent sur la page des offres et sur chaque fiche produit.
Les sept postes, et ce qui les fait varier
- L’acquisition. Achat comptant, ou loyer sur une durée convenue. C’est le seul poste qui ne varie pas d’un mois sur l’autre, et c’est pour cela qu’il est le seul qu’on retient.
- La mise en service. Mise en place, livraison, cartographie des lieux et formation des équipes. Elle se paie une fois, au démarrage. Les raccordements que le local de charge demande n’en font pas partie : ils sont commandés par vous à l’artisan de votre choix, qui vous facture directement fournitures et main-d’œuvre.
- La station. Elle se commande à part du robot, et c’est elle qui décide si le cycle se termine sans personne. Une station raccordée demande une arrivée d’eau et une évacuation ; une cuve roulante n’en demande aucune. Le local de charge tranche, pas le catalogue.
- La maintenance. Elle se souscrit au mois, distinctement du loyer. Ce qu’elle réunit — assistance, diagnostic à distance, intervention, visite annuelle — est décrit sur la page des offres.
- Les consommables. Brosses, raclettes, disques, filtres, bacs. Ils s’usent au passage, pas au calendrier : deux sites de même surface n’en consomment pas la même quantité si l’un est en béton quartzé et l’autre en lino.
- L’eau et l’électricité. Le remplissage et la recharge. Le poste est modeste, il n’est pas nul, et il suit le nombre de cycles plutôt que la surface.
- Ce qui reste au geste humain. Les angles, les plinthes, les sanitaires, les surfaces hautes, le désencombrement préalable. Ce poste ne disparaît pas du budget : il change simplement de ligne. Ce qu’un robot de nettoyage ne fait pas en donne la liste, poste par poste.
Un huitième poste existe et se compte rarement : les jours où la machine ne travaille pas. Une immobilisation, une pièce à commander, une zone en travaux — sur douze mois, ces jours-là retirent de la surface traitée sans retirer un euro du loyer.
Le dénominateur, et c’est lui qui manque le plus souvent
Additionner les postes donne un coût mensuel. Il ne devient comparable que divisé par ce que la machine traite réellement dans le mois — et c’est là que la plupart des calculs dérapent.
La surface d’un plan n’est pas la surface robotisable. Le débit publié par un constructeur est une vitesse, mesurée en ligne droite sur une surface dégagée : il ne dit ni les demi-tours, ni les retours à la station, ni les zones contournées, ni les jours où le site n’est pas accessible. Entre la surface du plan et la surface traitée dans le mois, l’écart n’est pas une marge d’erreur, c’est un facteur.
C’est aussi pourquoi le relevé de site précède le chiffrage. Les quatre relevés à faire avant d’acheter servent d’abord à savoir quelle machine passe ; ils servent ensuite à savoir sur quelle surface elle passera vraiment.
Pourquoi nous ne publions pas encore de coût au mètre carré
Parce que trois des termes de l’addition ne sont pas relevés, et qu’un total incomplet n’est pas un total approximatif : il est faux, et il est faux dans le sens qui arrange celui qui le publie.
- La cadence de remplacement des consommables. Combien de mètres carrés une brosse fait avant d’être changée, sur un béton quartzé, sur un lino, sur un carrelage à joints.
- La surface réellement traitée sur un mois complet, retours à la station et jours d’indisponibilité compris.
- Le taux de disponibilité d’une machine sur une année d’exploitation.
Ces trois chiffres ne se déduisent pas d’une fiche technique. Ils se relèvent sur des machines en exploitation, pendant des mois, sur des sols différents. Tant qu’ils ne le sont pas, un coût au mètre carré serait une estimation présentée comme un calcul — et c’est exactement ce que nous reprochons aux comparatifs.
Ce que nous savons faire aujourd’hui est plus modeste et plus utile : lister les postes, dire lesquels dépendent du bâtiment et lesquels dépendent du sol, et dimensionner sur ce qui a été relevé chez vous plutôt que sur un catalogue. C’est ce que fait la démonstration sur site, qui est l’étape où ces mesures commencent.